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Glyphosate. La Commission européenne renouvelle pour 10 ans l’autorisation de cette substance cancérogène

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Alors que « Les preuves de la dangerosité du glyphosate pour l’Homme et l’environnement s’accumulent », selon l’ONG Générations Futures, très active contre l’utilisation du glyphosate, la Commission européenne a annoncé jeudi qu’elle allait renouveler l’autorisation du glyphosate dans l’UE pour 10 ans, à la suite d’un vote des Etats membres qui a ouvert la voie à cette décision sur cet herbicide controversé.

« Réautoriser le glyphosate est une erreur monumentale, s’est insurgée la Confédération paysanne. Pour le syndicat, c’est ignorer la réalité qui veut que les paysan·nes sont les premières victimes des pesticides, béquilles chimiques et économiques. C’est faire croire que continuer à utiliser cet herbicide ne pose aucun problème. C’est repousser toujours plus loin les changements dans les exploitations agricoles. Enfin, c’est refuser d’assumer la nécessité urgente de soutiens économiques au développement de pratiques affranchies de ce pesticide et plus généralement de toutes les substances dangereuses.»

« Nouvelle victoire des lobbies à Bruxelles. Malgré les alertes répétées des scientifiques sur les risques sanitaires et environnementaux du glyphosate, son autorisation a été renouvelée pour 10 ans dans l’UE. La France s’est abstenue. La honte Christophe Bechu »,a réagit sur le site X (ex-Twitter) la secrétaire nationale d’Europe Écologie Le Verts (EELV) Marine Tondelier, en s’adressant au ministre de la Transition écologique. « De renoncement en renoncement, d’hypocrisie en trahison, Emmanuel Macron ne s’est pas opposé » à cette décision, a également déploré le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure.

La France n’est « pas contre le principe du renouvellement de la molécule » mais « regrette » que la Commission n’ait pas pris en compte ses propositions visant à restreindre l’usage de l’herbicide, a louvoyé le ministère de l’Agriculture.

Seule , la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) s’est félicité de cette décision, oubliant ainsi le principe de précaution, consacré par l’article 191 du traité sur le fonctionnement de l’UE.

À l’appui de sa décision, l’exécutif européen met en avant le rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) régulateur européen estimant que le niveau de risque ne justifie pas d’interdire le glyphosate.

L’autorisation actuelle de cette substance dans l’UE, renouvelée en 2017 pour cinq ans puis étendue d’une année supplémentaire, expire le 15 décembre. En l’absence de majorité au sein des 27 sur cette question, il revenait à la Commission de trancher.

« La Commission, en collaboration avec les États membres de l’UE, va maintenant procéder au renouvellement de l’approbation du glyphosate pour une période de dix ans, sous réserve de certaines nouvelles conditions et restrictions », indique-t-elle dans un communiqué.

Elle prévoit quelques garde-fous et l’interdiction de l’usage du glyphosate pour la dessiccation (épandage pour sécher une culture avant récolte).

Des abstentions décisives dont celles de la France et de l’Allemagne

Or, le glyphosate, substance active de plusieurs herbicides – dont le Roundup de Monsanto (Bayer), très largement utilisé dans le monde – avait été classé en 2015 comme “cancérogène probable” par le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé.

Bien évidemment, le groupe allemand Bayer, qui a acquis Monsanto en 2018, s’est réjoui de l’annonce de la Commission, « cette nouvelle autorisation, a déclaré un porte-parole, nous permet de continuer à fournir aux agriculteurs de toute l’Union européenne une technologie importante pour la lutte intégrée contre les mauvaises herbes ».

Comme lors d’un premier vote le 13 octobre, la majorité qualifiée requise pour valider ou rejeter la proposition de la Commission – soit 15 Etats sur 27, représentant au moins 65% de la population européenne – n’a pas été atteinte jeudi.

Sept pays, dont la France – première puissance agricole de l’UE -, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique et les Pays-Bas se sont abstenus, tandis que 17 ont voté pour, et trois s’y sont opposés (Luxembourg, Croatie, Autriche), selon des sources diplomatiques.

« L’abstention de la France à ce vote et son manque de courage ne sont pas acceptables », estime de son côté l’ONG Greenpace en affirmant que la Commission européenne « préfère se ranger du côté des lobbys de l’agrochimie plutôt que de suivre les avis scientifiques, d’appliquer le principe de précaution et d’assumer l’interdiction de ce pesticide ».

Grief similaire chez les associations Foodwatch, WeMove Europe et Générations futures, pour qui « les États membres, dont la France, ont manqué de courage pour s’opposer » à la réhomologation du glyphosate.

Image by 8531425 from Pixabay.

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