Environ 98.000 hectares ont été brûlés depuis cet été par les 21.000 départs de feu qu’a connus la France hexagonale, un niveau cinq fois supérieur à la moyenne de ces 20 dernières années et un record depuis 1976, a révélé jeudi l’Office national des forêts.
C’est « exceptionnel », selon Juliette Faivre, directrice de l’agence ONF Île-de-France Est, précisant toutefois que 97% des départs de feu sont éteints avant d’avoir parcouru 10 hectares.
Ce bilan, qui devrait être affiné dans quelques semaines, comprend les feux de forêt, mais également les surfaces agricoles et les espaces naturels. Pour la seule surface forestière, avec 76.000 hectares effectivement brûlés cette année, a précisé à Christophe Chantepy, expert à l’ONF dans la défense des forêts contre les incendies. La moyenne annuelle sur les 20 dernières années est de 12.700 hectares.
Les données collectées de manière précise depuis 1973
1976 reste pour le moment un record pour le total des « surfaces végétales » brûlées (forêts, milieux naturels et zones agricoles), a précisé l’expert, avec un peu plus de 100.000 hectares brûlés.
Les quelque 115.000, voire 120.000 hectares brulés (forêts, milieux naturels, zones agricoles), annoncés précédemment par d’autres sources que l’ONF, correspondent aux surfaces parcourues par les feux.
Ils correspondent à « tout le périmètre de l’incendie traité par les pompiers », explique Christophe Chantepy. « Mais à l’intérieur de ce périmètre, des zones n’ont pas brûlé, par exemple des vignes, les cœurs de villages. Ces surfaces sont donc retirées de la comptabilisation des hectares effectivement brûlés », soit la plupart du temps 20% du total, un taux variable selon les incendies.
Dans les zones sinistrées de la forêt de Fontainebleau, les stigmates restent bien visibles, avec dans certains endroits un décor en noir et vert: des pousses d’herbes et des fougères commencent à surgir du sol noirci, entourées par des troncs en partie recouverts de suie.
« Ce sont les pluies du mois d’août qui ont redonné de la vie », explique Alexandre Butin, responsable à l’ONF, tandis qu’une abatteuse couche au sol les arbres condamnés et qui peuvent encore avoir une valeur commerciale.
Après les incendies, les forêts touchées restent très sensibles aux pathogènes, d’autant plus pour celles fragilisées par la sécheresse. Et il faudra 50 à 60 ans pour retrouver des arbres à la hauteur de ceux qui ont été brûlés.
Fabrice Savel



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