La logique qui sous-tend le plan « Climat, adaptation, sécheresse, incendies (CASI) pour « soutenir » l’agriculture et redémarrer la production annoncé par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, confirme une volonté politique en faveur des plus gros agriculteurs qui pousse à la disparition des fermes à taille humaine économiquement, socialement et écologiquement. Pour les syndicats Modef et Confédération paysanne non seulement ce plan est insuffisant mais il favorise certains agriculteurs et abandonne à leur sort les plus fragilisés.
« Nous sommes très en colère face à ce plan scandaleux, qui laisse sur le carreau 4 fermes sur 5 ! » Pour la Confédération Paysanne, « le montant global d’1,2 milliard d’euros peut paraitre élevé : il est en réalité très faible face à l’ampleur exceptionnelle de la crise. « . Le syndicat « réitère son appel à sauver toutes les fermes « quoi qu’il en coûte ». Notamment avec une aide directe de 5000€ par paysan·ne impacté·e par la crise, versée sous forme de subvention.
Pour le Modef, « Ce plan ne va pas éviter la faillite des 35 000 exploitations fragilisées. Au contraire, il va accélérer la disparition de 50 000 fermes et la décapitalisation massive du cheptel français (…) Une nouvelle fois, s’insurge le syndicat, le gouvernement favorise certains paysans (68 000 agriculteurs assurés) plutôt que l’ensemble de la profession agricole. Les cultures couvertes par un contrat d’assurance, l’indemnité de solidarité nationale (ISN) permet de compenser intégralement les pertes (prise en charge à hauteur de 90 % par l’Etat et 10 % par l’assurance). À l’inverse, pour les cultures non assurées, l’ISN a été rendue dégressive : 45 % en 2023, 40 % en 2024 et 35 % en 2025. Le MODEF craint que l’enveloppe annoncée des 520 millions d’euros pour l’ISN soit uniquement destiné aux 68 000 agriculteurs assurés ! La ministre ose déclarer que les agriculteurs non assurés auront « une aide délivrée moindre » que les assurés. »
« Ce plan va accélérer la disparition de 50 000 fermes et la décapitalisation massive du cheptel français, dénonce le Modef. Le gouvernement veut accélérer l’industrialisation de l’Agriculture française, libéraliser l’Agriculture par la signature des traités de libre-échange et supprimer l’Agriculture familiale !
« Un milliard d’euros, c’est beaucoup » a jugé François Walraet, secrétaire général de la Coordination rurale (CR), mais »quand on met un peu bout à bout toutes les pertes (…) entre la sécheresse, la canicule, rien que pour la production de maïs, on est à deux milliards d’euros ». La Coordination rurale doit être reçue par le Premier ministre en septembre afin de discuter de mesures permettant « à l’agriculture de repartir », a précisé François Walraet.
« On n’avait pas demandé à compenser les pertes a déclaré Hervé Lapie, le vice-président de la FNSEA, Mais par contre, on a demandé un plan d’accompagnement pour investir en 2027, pour remettre en culture et relancer la production en 2027. » Pour Hervé Lapie, « le milliard, c’est une première annonce, on ne s’en satisfera pas. Il nous faut ce plan, mais abondé d’au moins un milliard supplémentaire, je pense que c’est ce qui nous manque »… La FNSEA, pour l’instant, n’appelle pas à la mobilisation des agriculteurs. « On va analyser ce qui est annoncé, on va refaire un point avec l’ensemble du réseau », s’est contenté le dirigeant de la FNSEA.
À l’inverse, Thomas Gibert, porte-parole de la Confédération paysanne, a annoncé que le syndicat se mobilisera « dans les prochains jours », pour « ne pas laisser les fermes mettre la clé sous la porte ». Une « réelle purge des fermes les plus fragiles » est en cours, a-t-il dénoncé.
Fabrice Savel
Lire le communiqué de la Confédération paysanne



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