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Loi d’urgence agricole. Julien Brugerolles dénonce un texte « régressif »

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Lors des explications de vote sur les conclusions de la commission mixte paritaire (CMP) de la loi d’urgence agricole, le député communiste du Puy-de-Dôme, Julien Brugerolles, a annoncé le vote contre des députés communistes et du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR). Selon lui, le texte ne répond pas aux véritables difficultés du monde agricole et marque un recul sur les plans sanitaire, environnemental et économique.

Pour le député, les priorités auraient dû être tout autres. Il estime que l’urgence est de garantir des prix rémunérateurs aux agriculteurs, de les protéger face à la concurrence internationale et à la volatilité des marchés, mais aussi de renforcer les dispositifs publics d’indemnisation face aux aléas climatiques, sanitaires et environnementaux.

Julien Brugerolles regrette au contraire que le débat se soit focalisé sur « le petit bout de la lorgnette », en particulier sur les pesticides, la gestion de l’eau et l’évolution du modèle agricole. Il dénonce une « dérive politicienne » et accuse la majorité de droite et d’extrême droite réunie en commission mixte paritaire d’avoir remis en cause les équilibres trouvés lors des débats à l’Assemblée nationale.

Le député souligne pourtant que certaines dispositions du projet de loi allaient, selon lui, dans le bon sens, notamment le renforcement des prérogatives des Safer ou encore certaines mesures destinées à mieux garantir l’origine des produits servis dans la restauration collective. Mais ces avancées sont, selon lui, éclipsées par les modifications apportées en CMP.

Parmi les principaux points de désaccord figure la réintroduction, sous certaines conditions, de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux substances interdites en France. Julien Brugerolles considère que cette décision constitue un recul majeur au regard des risques sanitaires et environnementaux associés à ces pesticides.

Autre sujet de critique : la gestion de l’eau. S’il affirme ne pas être opposé au principe du stockage de l’eau, le député estime que le doublement des capacités de stockage agricole prévu d’ici 2035, avec des dérogations possibles aux règles locales de gestion de la ressource, risque d’accentuer les conflits d’usages dans un contexte de raréfaction de l’eau.

Enfin, Julien Brugerolles s’inquiète des conséquences du texte sur le modèle agricole français. Derrière les mesures de simplification, il voit une accélération de l’agrandissement des exploitations et de la concentration agricole, au détriment des exploitations familiales. Selon lui, cette évolution renforcerait la dépendance des fermes aux intrants, à l’endettement et aux marchés internationaux.

En conclusion, le député estime que cette loi « ne protège pas les agriculteurs » et qu’elle ne répond pas aux défis économiques, climatiques et environnementaux auxquels le secteur est confronté. Considérant qu’elle risque davantage d’accentuer les divisions que de construire des solutions durables, les députés communistes et le groupe GDR ont voté contre le texte de loi d’urgence agricole concocté par les droites et l’extrême droite en commission mixte paritaire.

La Terre, 22 juillet 2026.

Voir la déclaration de Julien Brugerolles à la tribune de l’Assemblée nationale

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