|
Droit coutumier :
Les usages locaux
Les usages locaux s’imposent à la loi lorsqu’ils existent, sont constants et reconnus. Pour savoir s’ils existent, il convient de se renseigner à la préfecture, à la mairie ou encore à la chambre d’agriculture.
Définition et application Les usages locaux se définissent par trois caractéristiques :
Cependant ils ne s’imposent pas dans les cas suivants :
Exemples courants où la loi impose les usages locaux Certains usages locaux sont consacrés par la loi. Le plus connu, sujet à de nombreuses polémiques, est celui imposé par l’article 671 du code civil relatif aux distances des plantations. Nous l’avons souvent publié dans « La Terre », il est permis d’avoir des plantations à la distance de deux mètres de la ligne séparative de deux propriétés si elles dépassent deux mètres de hauteur et, si elles ne dépassent pas les deux mètres de hauteurs, la distance de recul doit être de 0,50 mètre... sauf si des usages locaux, constants et reconnus, prévoient une distance différente () ou pas de distance de recul du tout (c’est le cas de l’usage parisien qui peut s’appliquer dans les lotissements des villages). De toute façon en cas de litige, le juge du fond apprécie si l’usage parisien s’impose ou pas. Précisons que dans tous les cas, l’élagage est obligatoire et imprescriptible.
Et puisque nous abordons le sujet, précisons que si l’arbre en question a plus de trente ans ou qu’il était déjà sur la propriété, divisée en lots (destination du père de famille), aucune distance n’est imposée.
Bien évidemment dans tous les cas, l’élagage est obligatoire. L’article 673 du code civil dit bien que « celui sur la propriété duquel avancent les branches des arbres, arbustes ou arbrisseaux du voisin, peut contraindre celui-ci à les couper. Si ce sont les racines, ronces ou brindilles qui avancent sur sa propriété, il a le droit de les couper lui-même à la limite de la ligne séparative. »
Par ailleurs, les arbres, arbustes et arbrisseaux de toute espèce peuvent être plantés en espaliers, de chaque côté d’un mur séparatif, sans que l’on soit tenu d’observer aucune distance, mais ils ne pourront dépasser la crête du mur.
Si le mur est mitoyen les propriétaires peuvent y appuyer leurs espaliers, ce que seul le propriétaire du mur non mitoyen peut faire.
Autres exemples :
Usages locaux particuliers en vigueur Certains usages locaux existent depuis très longtemps de façon constante et reconnus par tous. La loi ne disant rien, ils s’imposent sauf accord entre les parties ou validation par le juge. Citons-en quelques uns (liste non exhaustive) que nous avons, pour certains, souvent évoqué dans « La Terre » :
![]()
Le recueil type des usages locaux Il n’existe pas de recueil type des usages locaux puisque ceux-ci sont propres à la spécificité d’un département, d’un canton, d’une commune, d’une section de commune.
Cela dit tous les recueils des usages locaux pris par les préfectures ont des points communs, à savoir qu’ils réglementent :
Le cas des baux ruraux Les baux ruraux, écrits comme verbaux, sont encadrés par le statut du fermage (article L. 411-1 et suivants du code rural). Cependant ce sont les usages locaux qui peuvent déterminer lorsqu’ils existent :
Distance des plantations imposée par les usages locaux En vertu de l’article 671 du code civil, il est permis d’avoir des plantations à la distance de deux mètres de la ligne séparative de deux propriétés si elles dépassent deux mètres de hauteur et, si elles ne dépassent pas les deux mètres de hauteurs, la distance de recul doit être de 0,50 mètre... sauf si des usages locaux, constants et reconnus, prévoient une distance différente (voir exemples ci-après) ou pas de distance de recul du tout (c’est le cas de l’usage parisien qui peut s’appliquer dans les lotissements des villages).
Des usages locaux relatifs aux distances des plantations, il y en a à la pelle, en voici quelques uns significatifs :
par Daniel Roucous - droucous@laterre.fr
|
||||||||||||||||||||||||||