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Paysans :
L’indispensable révolution écologique
Réconcilier agriculture et écologie, c’est l’objectif de l’« intensification écologique », chère à l’agronome Michel Griffon.
Produire plus et plus propre. C’est le défi que doit relever l’agriculture dans les prochaines décennies. D’un côté, une population mondiale en augmentation constante : 2,3 milliards de bouches de plus à nourrir d’ici 2050, d’après la FAO (1), et une production agricole qui devra augmenter de 70 %. De l’autre, des ressources naturelles (terres arables, eau, biodiversité...) limitées et donc à préserver. Entre les deux, l’agriculture « doit effectuer une nouvelle et véritable révolution technologique », estime Michel Griffon dans son dernier livre (Pour des agricultures écologiquement intensives, aux éditions de l’aube). Directeur adjoint de l’Agence nationale de recherche, cet agronome plaide pour une révolution doublement verte, autrement dit « l’intensification écologique » de l’agriculture. L’objectif ? Concilier production intensive et respect de l’environnement, en s’appuyant sur les « mécanismes naturels des écosystèmes ». Comment va se traduire cette révolution sur les exploitations françaises ? Par un large éventail de pratiques agroécologiques adaptées aux contextes locaux : lutte intégrée contre les ravageurs, fertilisation azotée grâce aux cultures légumineuses, développement des techniques culturales sans labour, couverture permanente des sols... A la standardisation et à la spécialisation des régions agricoles devront succéder des systèmes plus autonomes. L’agronome Marc Dufumier appelle ainsi au retour de l’élevage pour fertiliser les terres céréalières de la Beauce. Pour la ferme France, le plus important ne sera pas de produire plus, mais de réduire son impact sur l’environnement en maintenant un important tissu d’exploitations. Car l’Europe est peu concernée par la poussée démographique (les besoins alimentaires du Vieux continent reculeraient même de 9 % à l’horizon 2050), contrairement à l’Asie et à l’Afrique (où ils seraient respectivement multipliés par 2,3 et 5,1). De nouvelles politiques agricoles devront accompagner cette révolution doublement verte. Le Grenelle de l’environnement a esquissé des pistes (réduction des pesticides et développement de la bio). Mais les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy (pour qui « les questions d’environnement, ça commence à bien faire ») laissent planer une menace sur ces efforts. Reste que l’écologie, souvent vécue comme une contrainte, devra devenir demain la première alliée des paysans. [1] [1] (1) Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. par Yannick Groult
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