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Animaux protégés :
Crapauds amoureux, prudence !
Une des principales causes de la mortalité des crapauds et autres amphibiens est la circulation routière ! En ce début du printemps, l’amour les rendant aveugles, ils traversent les routes pour rejoindre leurs lieux de reproduction et se font écraser par millions. La solution : automobilistes ralentissez !
Ce pourrait être une fable de La Fontaine : le crapaud amoureux. Qui se termine mal : écrasé sur la route qui le sépare de la mare où il doit se reproduire. Moralité : rien ne sert d’aller vite, il faut être prudent. Certes, sauf que cette morale ne s’applique pas au crapaud mais à l’automobiliste et plus généralement à l’homme qui a raréfié les lieux de reproduction en asséchant les mares, introduit des espèces exotiques comme la grenouille taureau qui se prend vraiment pour un bœuf, la Xénope, construits des routes sans prévoir des passages pour les animaux.
Conséquences : des millions de crapauds et grenouilles écrasés, une espèce d’amphibiens sur cinq en voie de disparition en France ! Aussi pour que la fable se termine au mieux, l’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages), lance une campagne « crapauds sur la route, ralentissons » et un guide (*) pratique et gratuit « Comment protéger nos amphibiens ? » Mais d’abord examinons les causes. Les causes et les menaces Les principaux facteurs de déclin des amphibiens en France sont, d’après l’ASPAS :
Les solutions Le guide pratique que met gratuitement l’ASPAS à la disposition du public et des pouvoirs publics avance plusieurs solutions pour arrêter cette mauvaise fable. Il alerte aussi les présidents des conseils généraux qui ont la charge de l’environnement et du réseau routier. D’ailleurs ici et là, des associations, des riverains, des pouvoirs publics s’y mettent quand ils ne l’ont pas déjà fait (il est temps). D’abord, le système idéal pour éviter aux batraciens de traverser les routes (ou de supprimer celles-ci !) est la création de « crapauducs » ou de « batrachoducs ». Kézako ? Il s’agit de tunnels aménagés qui permettent aux animaux de passer sous les voies et leur éviter de passer dessus avec le risque que l’on sait. Entre parenthèses, les DREAL (Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) qui remplacent les DIREN devrait pouvoir favoriser cette implantation dans le cadre de leurs missions. A défaut ou en attendant la construction de ces passages idéaux, des barrières pièges peuvent faire l’affaire. ![]() Elles consistent à des barrières provisoires le long des routes empruntées empêchant les amphibiens de traverser (voir photo et références ci-contre). Leur traversée est alors assurée par des bénévoles comme pour les enfants à la sortie des écoles, sympa ! Ainsi, ça a permis de sauver près de 4 500 crapauds en 2009 dans la zone de reproduction d’Aydat en Puy-de-Dôme, 900 ayant été écrasés. Dans cette zone s’active l’association Hyla dont on peut consulter le site Internet http://hyla63.free.fr, de bons conseils pour la construction de barrières, le creusement des mares et l’aménagement de refuges à crapauds. Ca c’est pour la prévention. La solution numéro un est, bien-sûr, la reconstitution de l’habitat des amphibiens par la création ou la reconstruction de haies et surtout le creusement de mares dans les zones qu’ils fréquentent. Crapauds sur la route : ralentissez ! En période de migration des crapauds, les gestionnaires de la route (DDTM, ex-DDE pour les routes départementales et les voies communales, communes pour les chemins ruraux, sociétés concessionnaires pour les autoroutes) doivent pouvoir disposer et apposer des panneaux de signalisations spécifiques tels celui de notre photo. D’ailleurs ça doit être une obligation car écraser des crapauds peut faire déraper. Le défaut de panneaux entraîne la responsabilité du gestionnaire de la route. Leur présence oblige les automobilistes à ralentir pour ne pas engager leur responsabilité en cas de dérapage. Ainsi la fable du crapaud amoureux aura une meilleure fin. Statut et réglementation des amphibiens En France les espèces suivantes d’amphibiens sont protégées y compris le crapaud commun (et oui), en application de l’article R411-1 du code de l’environnement, par l’arrêté du ministère de l’écologie du 19 novembre 2007 :
par
Daniel Roucous - droucous@laterre.fr (*) ASPAS : BP 505 26401 Crest cedex (tel 04 75 25 10 00) site Internet www.aspas-nature.org |
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