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Règlement :
Le vin bio bientôt officiellement reconnu
Bruxelles met la dernière main à la future réglementation sur les vins bio. Une nécessité face au vide juridique en matière de vinification. Mais le texte laisse la porte ouverte à des procédés de fabrication industriels.
A priori, c’est une bonne nouvelle. Le futur règlement européen sur les vins bio, en cours de finalisation à Bruxelles, viendra combler un vide juridique qui handicape les producteurs depuis 1991. Car, pour l’heure, le vin bio n’existe pas officiellement : seule la culture des vignes étant réglementée, il n’existe que des « vins issus de raisins de l’agriculture biologique ». Le projet de règlement (qui pourrait entrer en vigueur en juillet) fixera les règles de la vinification bio, via une liste d’additifs et de pratiques. Une reconnaissance du vin bio, donc « nécessairement un progrès », se félicite Juliette Leroux, de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab). Seul hic, le texte, en l’état actuel, laisse la porte ouverte à une production industrielle de vin bio. Il autoriserait notamment des techniques plus familières des wineries que des vignerons bio : flash pasteurisation (chauffage du vin à 73°C), électrodialyse ou encore osmose inverse. « On déroule le tapis rouge à l’industrie »« Nous aurions préféré des dérogations pour des cas très particuliers », déplore Dominique Técher, responsable de la commission viticole de la Fnab. Ce vigneron de Pomerol (Gironde), est inquiet : « On est en train de dérouler le tapis rouge à l’industrie ». Chargée de la bio à l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité), Marine Renaudin se veut plus rassurante : « Dans le projet tel qu’il est aujourd’hui, la flash pasteurisation est interdite ». Les traitements thermiques seraient limités à 65°C. Un point qui doit encore être discuté par les Vingt-sept, les 23 et 24 mars, de même que la brûlante question des sulfites (lire ci-dessous). Les producteurs espèrent donc corriger le tir une fois le règlement adopté, à l’occasion d’une révision du texte en 2015 : « La Commission nous a dit “On discutera après le vote”, rapporte Juliette Leroux. Une méthode originale... »Les critiques les plus acerbes proviennent des Vignerons indépendants de France. « Pour protéger les plus grosses structure qui vinifient en masse des raisins achetés, l’Europe (...) s’apprête à autoriser des pratiques industrielles », écrit leur président Michel Issaly dans Le Monde. L’objectif ? « Faciliter la captation par l’industrie de ce segment en pleine expansion. »Car dans un marché du vin en régression, la bio fait figure d’eldorado. D’ici 2015, les surfaces en bio devraient atteindre 12 % du vignoble français, pour une production de 2,5 millions d’hectolitres. Mais, comme le précise Dominique Técher, « le problème n’est pas de développer la viticulture, mais les viticulteurs ». par Yannick Groult
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