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Biologie :
Comment les plantes se défendent seules
D’après Nicole Benhamou (1), professeur à l’université Laval (Québec), les plantes peuvent se défendre seules contre la majorité des agresseurs. Stimuler ces facultés permettrait de réduire les apports de pesticides.
La Terre : Les plantes peuvent-elles se défendre sans l’aide de l’homme ? Nicole Benhamou : A des degrés divers, toutes les plantes possèdent des mécanismes de résistance, qui les protègent contre 90 % des pathogènes et des insectes. Sans cette « résistance passive », elles seraient toutes malades. Or, la maladie est l’exception plutôt que la règle... Concrètement, comment résistent-elles aux agresseurs ? Par exemple, dans les pays chauds, les plantes se sont adaptées au climat. Sur leurs feuilles et leurs tiges, elles possèdent une cuticule plus épaisse qui constitue une protection naturelle contre les insectes et les micro-organismes. Certaines ont érigé des barrières chimiques, comme les plantes aromatiques dont les huiles essentielles sont des composés antimicrobiens. Mais les agresseurs peuvent contourner ces barrières... Quand les agents pathogènes sont très virulents, toutes les plantes peuvent mettre en place des systèmes de résistance « active ». Contrairement à nous, qui ne nous défendons que par des anticorps, les plantes activent toute une panoplie de molécules. Certaines vont produire des composés extrêmement toxiques pour les pathogènes. D’autres vont inhiber les protéases, ces enzymes que les insectes utilisent pour digérer les parois des plantes. D’autres enfin vont renforcer la paroi des cellules. Les pesticides ont-ils une influence sur ces facultés de résistance ? Ils ont un effet globalement négatif. Ils entraînent le développement de résistances chez les pathogènes, ce qui pousse à augmenter les doses. Or, plus on augmente les doses, plus le produit devient toxique pour la plante elle-même. Et d’une façon ou d’une autre, nous sommes obligés de diminuer nos apports chimiques sur les cultures. Les agriculteurs peuvent-ils aider les plantes à se défendre sans pesticides ? C’est une course de vitesse entre la réponse de la plante et la progression de l’agresseur. D’où l’idée des chercheurs de « vacciner les » plantes, c’est-à-dire de stimuler leurs défenses avant l’arrivée des pathogènes. Ces produits, qu’on appelle SDN (stimulateurs de défenses naturelles), sont vendus un peu partout dans le monde. Des tests montrent qu’ils peuvent assurer la protection des cultures. Même s’ils ne sont pas aussi efficaces que les produits chimiques, les SDN permettent de réduire de moitié, voire aux trois quarts, les apports de pesticides. Pour sauvegarder notre patrimoine environnemental, nous devons trouver un équilibre entre défenses naturelles et chimiques. [1] [1] (1) Egalement directrice du Centre de recherche en horticulture de l’Université Laval et auteur de La résistance des plantes, (Lavoisier, 284 p., 79 euros). par Propos recueillis par Yannick Groult
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