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Céréales :
Les agro-investisseurs taxent les paysans
Chrysomèle, biocarburants... Pour réparer les errements de quelques-uns, pour pallier le désengagement de l’Etat, l’ensemble des paysans est mis à contribution. Une pseudo-solidarité à sens unique.
Un euro par dose de semence. C’est ce que paiera chaque producteur de maïs pour compenser les dégâts économiques causés par la chrysomèle dans l’Est de la France. Les pouvoirs publics et la FNSEA justifient cette taxe par le caractère obligatoire de la lutte contre Diabrotica virgifera virgifera, ce coléoptère dont les larves grignotent les racines du maïs. Pour la Confédération paysanne, il s’agit d’une « mutualisation des pertes pour préserver les intérêts de quelques-uns ». Les attaques de chrysomèles auraient pu être évitées, d’après l’organisation paysanne, car « il est avéré que la lutte la plus efficace contre ce parasite du maïs consiste simplement à appliquer la rotation des cultures ». Et de conclure qu’« une poigné de lobbyistes de l’intensification et de la monoculture du maïs prend en otage l’ensemble des producteurs ». LES MAÏSICULTEURS INDEMNISÉS, MAIS PAS LES APICULTEURSTaxer tous les paysans pour leur faire payer les errements de quelques-uns ? Cette pratique n’est pas nouvelle. Mais elle touche de plus en plus de secteurs, sur fond de désengagement de l’Etat. Le plus souvent, elle se camoufle sous le nom de CVO (« Contribution volontaire obligatoire », tout un programme...). C’est ce qui attend par exemple les céréaliers, que la FNSEA veut soumettre à une taxe pour financer la filière bioéthanol. Orama, la branche céréalière du syndicat, a eu cette riche idée pour résoudre les difficultés économiques des usines de biocarburants. La rentabilité économique des biocarburants paraît bien entamée. Surtout depuis que le gouvernement a alourdi la fiscalité sur ces produits à l’occasion de la loi de finances 2010. Et tous les agriculteurs risquent d’être appelés à payer pour « pallier les erreurs d’une minorité d’agro-investisseurs », dénonce la Confédération paysanne. Bien évidemment, cette pseudo-solidarité ne marche que dans un seul sens. Pour revenir à la lutte contre la chrysomèle du maïs, les producteurs de maïs seront indemnisés. Mais pas les apiculteurs, forcés de déplacer leurs ruches : les épandages de deltaméthrine, destinés à éradiquer le parasite, étaient réalisés par hélicoptère. par Yannick Groult
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