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Education nationale :
Les communes paieront pour l’école privée d’accueil
Le Parlement a adopté la loi Carle. Cette loi oblige les communes de résidence à participer au financement des écoles privées des communes d’accueil, en instaurant un forfait communal.
Un peu d’histoire pour comprendre A l’origine, il y a la loi de 1905 dite de séparation de l’église et de l’Etat qui interdit toutes subventions aux associations cultuelles dont les écoles privées.
Par la suite est intervenue une dérogation à cette interdiction a été introduite par une loi du 31 décembre 1959 sur les rapports entre l’Etat et les établissements d’enseignement privé (loi Debré). Cette loi, actuellement codifiée à l’article L442-5 du code de l’Education, autorise les écoles privées du premier et second degré à passer un contrat d’association avec l’Etat et donc à recevoir des subventions... des communes pour le primaire. Ce sont en effet les communes qui assurent les dépenses de fonctionnement de l’école maternelle et primaire (1er degré) publique et désormais de l’école privée sous contrat d’association... situées sur leurs territoires. Et puis est intervenu le fameux article 89 de la loi n°2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales. Celui-ci oblige les communes de résidence à participer aux finances des écoles privées des communes d’accueil. L’article 89 en question Selon cet article, lorsque les écoles maternelles et les écoles élémentaires privées sous contrat d’association (par écoles privées il convient d’entendre écoles confessionnelles mais aussi non confessionnelles), d’une commune siège, reçoivent des élèves dont la famille est domiciliée dans une autre commune, cette dernière est tenue de participer aux dépenses de fonctionnement. Cette dépense de fonctionnement se fait par accord entre la commune d’accueil et chacune des communes de résidence des élèves. A défaut d’accord amiable, le préfet fixe la répartition des dépenses. Par la suite, la loi n° 2005-380 du 23 avril 2005 d’orientation de programme pour l’avenir de l’école a modifié le fameux article 89 quant à la contribution due par les communes de résidences pour chaque élève fréquentant une école privée située sur une autre commune. En pratique, la contribution par élève mise à la charge de chaque commune ne peut être supérieure, pour un élève scolarisé dans une école privée située sur le territoire d’une autre commune, au coût qu’aurait représenté pour la commune de résidence ce même élève s’il avait été scolarisé dans une de ses écoles publiques ou, en l’absence d’école publique, au coût moyen des classes élémentaires publiques du département. » Visiblement, ça n’a pas plu à bon nombre de maires confrontés au désengagement de l’Etat vis-à-vis du service public de l’éducation et à une augmentation des charges de la commune en ces temps de vaches maigres. Tout cela sur fond de laïcité. Ce d’autant que les ministres de l’Education nationale et de l’Intérieur listent, dans une circulaire n° 2005-206 du 2 décembre 2005, les dépenses imposées aux communes en application de l’article 89. Contestée, cette circulaire est cassée par un arrêt du conseil d’Etat n° 289 792 du 4 juin 2007 qui considère que l’article 89 et la circulaire en question entraînent pour les communes des dépenses nouvelles. Historique (suite... le forfait communal) Malgré l’avis défavorable du conseil d’Etat, le ministre de l’Education nationale persiste en envoyant aux préfets et aux inspecteurs d’académie une circulaire n° 2007-142 du 27 août 2007 précisant que l’article L442-5 du code de l’Education s’applique quant à la parité financière public-privé. De nombreux maires et associations laïques avaient alors protestés exigeant l’abrogation de l’article 89 et un débat sur les rapports public/privé et l’avenir du service public d’éducation nationale. L’article 89 a bien été abrogé par la loi Carle, comme nous allons le lire. Il est remplacé est remplacé par un nouvel article L442-5-1 du code de l’Education. Quant à un débat sur l’avenir du service public d’Education, c’est mal partie. Et maintenant... Lundi 28 septembre 2009, la loi tendant à garantir la parité de financement entre les écoles élémentaires publiques et privées sous contrat d’association lorsqu’elles accueillent des élèves scolarisées hors de leur commune de résidence, dite Carle, a été adoptée par le Parlement à l’exception des parlementaires PS et PCF et du député Cardo des Yvelines qui ont voté contre. Que dit cette loi ?
Elle insère dans le code de l’Education un article L442-5-1 qui dit en résumé que la contribution d’une commune de résidence dont les élèves sont scolarisés dans une école privée du premier degré sous contrat d’association d’une commune d’accueil est une dépense obligatoire dans quatre conditions :
Les réactions Ainsi donc, lorsqu’elle est obligatoire, la parité de financement entre les écoles publiques et privées subsistent dans cette nouvelle loi. Ce que dénoncent le SNUipp-FSU, la CGT, la CFDT, le PS, le PCF, les maires ruraux (AMRF) et des associations de défense de la laïcité, considérant que cette parité de financement accentue l’inégalité de traitement entre une école publique qui a vocation à accueillir gratuitement tous les enfants et une école privée (entre parenthèse payante donc discriminatoire) encore une fois avantagée. Ils y voient un transfert de l’argent public vers le privé sur fond de suppression de postes (16 000 en 2010 !), de fermeture d’école, de charges supplémentaires pour les communes, ce qui est contraire à la Constitution. C’est pourquoi, un recours a été déposé par les parlementaires PS et PCF devant le Conseil Constitutionnel pour irrecevabilité financière. Base de calcul de la contribution communale Dans le cas où la contribution communale aux classes élémentaires privées sous contrat d’association est obligatoire, son montant s’évalue à partir des dépenses de fonctionnement relatives à l’externat des écoles publiques correspondantes. Elles correspondent à :
par
Daniel Roucous droucous@laterre.fr Références : articles L212-8, L442-5 à L442-9 du code de l’Education |
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