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Salubrité publique :
Le contrôle de l’assainissement individuel
D’ici le 31 décembre 2012, les propriétaires d’installations d’assainissement non collectif doivent les avoir fait contrôler et si besoin mettre aux normes ou renouveler. Problème : c’est payant et les arrêtés d’application de la loi sur l’eau relatifs aux prescriptions techniques et à l’agrément des contrôleurs ne sont toujours pas arrêtés... d’où la révolte de nombreux usagers.
L’obligation de contrôle C’est l’article L1331-1-1 du code de la santé publique qui oblige les propriétaires d’installation d’assainissement autonome à, citons-le, « faire régulièrement assurer l’entretien et la vidange par une personne agréée, afin de garantir le bon fonctionnement. »
A l’issue du contrôle, de deux choses l’une : le propriétaire se voit remettre une attestation de conformité ou la liste des travaux à effectuer.
En cas de non-conformité : « le propriétaire fait procéder aux travaux prescrits par le document établi à l’issue du contrôle, dans un délai de 4 ans ».
Le contrôle en question doit avoir été réalisé avant le 31 décembre 2012 puis tous les huit ans.
Plusieurs problèmes ont surgi, suscitant de nombreuses contestations :
Les frais de contrôle Sont-ils justifiés ou pas ? Sur quoi se base-t-on pour les prélever ? Sous quelle forme sont-ils prélevés ?
C’est l’article L2224-11du code général des collectivités territoriales qui met les frais de contrôle des installations d’assainissement non collectif à la charge des propriétaires usagers sous réserve de service rendu. Ces frais sont prélevés par la redevance d’assainissement non collectif et sont fixés par le conseil municipal ou l’assemblée délibérante de l’intercommunalité lorsqu’elle a la compétence de l’assainissement.
Cela veut dire que :
La redevance d’assainissement non collectif C’est donc la redevance d’assainissement non collectif, prélevée sur les propriétaires d’installations individuelles, qui couvre les charges de contrôle. L’article R2224-19-5 du code général des collectivités territoriales, dispose en effet que « la redevance d’assainissement non collectif comprend une part destinée à couvrir les charges de contrôle de la conception... ». L’autre part est destinée à couvrir les charges d’entretien. Cette part destinée à couvrir les charges de contrôle est calculée et arrêtée par le conseil municipal (ou l’organe délibérant de l’EPCI) selon des critères qu’il définit (voir règlement du SPANC ou du service d’assainissement ou du service des eaux) et tenant compte de la situation, de la nature et de l’importance des installations. Toutefois lorsque ce service est délégué à un privé, celui-ci prélevant sa part, la tarification s’en trouve augmentée et des disparités se font jour. Les prescriptions techniques En attendant que les arrêtés de la loi sur l’eau (LEMA) s’appliquent, les autorités et les contrôleurs s’appuient sur l’arrêté du 6 mai 1996 relatif aux prescriptions techniques en matière de contrôle des installations d’assainissement non collectif.
Que dit-il, sachant qu’il est contesté par de nombreuses associations d’usagers ? Il énonce que le contrôle comprend :
1.- la vérification technique de la conception, de l’implantation et de la bonne exécution des ouvrages ;
2.- la vérification périodique de leur bon fonctionnement qui porte au mois sur les points suivants :
Les normes Les installations d’assainissement individuel doivent comporter, toujours selon l’arrêté du 6 mai 1996 :
Les aides aux propriétaires Suite au contrôle, les propriétaires soumis à des travaux de réhabilitation voir à un renouvellement de leur installation peuvent bénéficier :
La CLCV réclame la gratuité du contrôleSuite à de nombreuses plaintes reçues de la part des usagers du service public d’assainissement non collectif, la CLCV (Association Nationale de Consommateurs et d’usagers) vient de créer une coordination nationale sur l’assainissement non collectif. Par ailleurs, La CACE (Coordination des associations des consommateurs d’eau) a organisé le 6 juin à Ternay (Rhône) une Aquarévolte (voir interview de son président par ailleurs) exigeant notamment le retour de la régie publique (communale ou intercommunale) comme mode de gestion de l’assainissement. Ainsi pour informer de leurs droits mais aussi de leurs obligations les usagers du service public d’assainissement non collectif, la CLCV vient d’ouvrir un site Internet www.spanc.clcv.org Elle demande ce que les usagers sont en droit d’attendre d’un service public, à savoir : « la gratuité du premier contrôle des installations d’assainissement non collectif. » En effet, la CLCV constate « de trop grandes disparités de prix, certains SPANC appliquent la gratuité alors que d’autres notamment délégués au privé, facturent jusqu’à 150 euros voire plus ce premier contrôle. »
Par ailleurs, la CLCV exige que les travaux de mise en conformité des installations existantes ne soient imposés aux propriétaires qu’en cas de danger avéré pour la santé des personnes ou pour l’environnement. C’est tout le sens de l’article 57 de la loi Grenelle II, hélas toujours en projet. Cet article vise à modifier et modérer l’article L2224-8 du code général des collectivités territoriales en précisant que « ... A l’issue du contrôle, la commune établit un document qui récapitule soit les modifications à apporter au projet d’installation pour qu’il soit en conformité avec la règlementation en vigueur, soit les travaux à effectuer dans les installations existantes seulement si elles présentent des dangers pour la santé des personnes ou sont à l’origine de risques avérés de pollution de l’environnement. »
Dans tous les cas où des travaux s’imposent, la CLCV préconise :
par Daniel Roucous - droucous@laterre.fr
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