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Troc en ligne :
Trocline.com, l’Internet au service du troc
Mise en ligne le 18 février, Trocline est une société sise dans les Côtes d’Armor qui met à disposition gratuite des particuliers un site web destiné au troc multilatéral d’objets.Ce système de troc en ligne tend à se développer surtout en milieu rural.
« Le troc c’est l’échange d’objets sans l’intermédiaire de monnaie », nous enseigne le Larousse. Ce concept colle aux valeurs humaines et morales que défendent 2 hommes ne supportant plus une société générant tout à la fois le luxe insolent, l’extrême misère et le gâchis à chacun de ses pôles tout en nuisant gravement à l’équilibre écologique de notre planète. Qui sont-ils ? Hervé Helloco, 43 ans, ancien chargé qualité dans un groupe international de fabrication d’emballages métalliques et bénévole dans un chantier d’insertion. Dès 2006 grandit une idée née de son « ras le bol » des déménagements successifs et de sa volonté de « cultiver l’entraide, le don et l’échange » : « gagner ma croûte » en créant un site web d’échange d’objets en ligne à partir d’un simple constat : « nous avons tous chez nous des choses qui ne nous servent plus à rien. Pourquoi ne pas les échanger contre des objets plus utiles ? ».Il décide donc de se lancer. Mais il ne le fera pas seul. En 2007, il communique son enthousiasme à Laurent Le Coq, 30 ans, ingénieur en informatique, ex-directeur de production d’une entreprise agroalimentaire de la Creuse de laquelle il a été « viré » car trop honnête avec les salariés alors placés sous sa direction. Ce que n’a vraiment pas apprécié le patron. Arrive Michel Floc’h, actionnaire de plusieurs sociétés. Séduit par le côté innovant du projet, il apporte 30% des capitaux nécessaires à la constitution de Trocline, SARL au capital social de 30000€. Après bien des difficultés et de nombreux déboires, la société est enfin entrée en ligne le 18 février dernier (1). Comment ça marche ? L’inscription sur le site (www.trocline.com) est totalement gratuite et non assortie d’une durée impérative dans le temps. Vous souhaitez y déposer un objet. Rien de plus simple. Il suffit de posséder un ordinateur et d’être connecté sur Internet. Et d’envoyer la photo de l’objet sur le site, de convertir en nombre de points la valeur monétaire que vous lui attribuez :(2€= 1 point), et de répondre à un petit questionnaire relatif à son état. Trocline applique dès lors un coefficient régulateur (type argus) pouvant l’amener à vous recommander de revoir vos prétentions à la baisse. Recommandation ne signifie nullement obligation : vous restez en effet maître de votre choix initial si telle est votre volonté. L’acquéreur du produit reverse la valeur en points à Trocline en y ajoutant une commission forfaitaire de 3€ par carte bancaire (système sécurisé). Le « primo » déposant est crédité de la valeur en points de son objet. Il peut maintenant consulter le magasin virtuel en ligne et acquérir un produit d’une valeur équivalente à celui ayant fait l’objet de la transaction. Il y ajoute la commission de 3€. Et s’il lui manque un point pour acquérir l’objet convoité ? Pas de problème, Trocline augmente la commission de la valeur de ce point. Vous l’aurez compris, la commission rétribue le travail de Hervé Helloco et de Laurent Lecoq pour gérer les entrées et les sorties du magasin en ligne, les points, l’affichage des produits, la mise en relation des déposants et acquéreurs, et la maintenance de la plate-forme de troc. Ajoutons pour conclure que la société table sur environ 12 500 opérations de troc pour sa première année d’activité pour vivre ...et faire vivre ses 2 « patrons ». « Notre première année ne sera donc pas facile » reconnaissent-ils : Mais ils ont un moral d’enfer et songent déjà à diversifier l’offre en développant notamment l’échange de services. (1) Trocline.com Cap Entreprises 2 Rue de la croix Denis - 22950 Trégueux 02 96 76 59 85 - contact@trocline.com www.trocline.com Le troc sur le Web, une affaire qui marcheTrocline n’est pas seul sur le Web : d’autres sites proposent des services approchants. Pochetroc (http://www.pochetroc.fr/) a chois de se spécialiser : on y échange exclusivement seulement des livres de poche. L’offre est vaste et le principe séduisant : après tout, un livre de poche, une fois lu, quel intérêt de le conserver ? Seul reproche : le site n’est pas gratuit, il faut payer un abonnement annuel (de 15,80 euros) pour avoir accès au service. Un coût auquel il faut ajouter les frais d’expédition. Le Dindon (http://www.le-dindon.com/) et Donnons ! (http://donnons.org/) ont choisi un autre créneau : le recyclage. Il s’agit de se débarrasser de ce qui vous encombre au profit de « qui n’en veut ». Toute sorte de matériel (électroménager, décor, informatique, habillement, puériculture, et même de la terre ou des gravats !) transite donc en ces lieux dans l’espoir d’une seconde vie. Et ça marche... surtout dans le cas de Donnons !, riche de centaines d’annonces et d’une très pratique recherche par localisation. Le Dindon est en revanche très pauvre en annonces. Pour l’anecdote, Donnons ! propose un « palmarès de la récupe » (sic) classant les départements les plus actifs. Pour l’heure, le tiercé de tête est plutôt rural avec la Moselle, l’Eure-et-Loir et la Haute-Saône. Dernier cas de figure : Troc Services (http://www.troc-services.com/), dont le principe repose sur l’échange non d’objets, mais de compétences. Exemple : je vais monter une étagère chez X qui est nul en bricolage, et lui vient dépanner mon ordinateur en proie aux virus. Troc Services - dont l’abonnement n’est pas payant - veut s’adresser en priorité « aux personnes qui ne peuvent pas payer des services parce qu’ils sont trop chers, et/ou ne pouvant bénéficier d’une déduction fiscale. » Bon esprit et bonne idée : comme les compétences ne sont pas forcément les mieux réparties, le site utilise une monnaie virtuelle, le sol, pour faciliter les échanges. par André Danger
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