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Santé publique :
Les pesticides, il y a des limites !
Manger des fruits et légumes c’est bon pour la santé. Encore faut-il qu’ils soient sans effets indésirables : les pesticides. Chaque été les revoilà sous les feux de l’actualité : chaque fruit et légume en contient plusieurs centaines ! Tous ne sont pas nocifs mais la commission européenne est un peu trop permissive en autorisant plus de dépassements des limites maximales de résidus (LMR) et les pratiques sont à revoir.
Le point sur l’usage des pesticides Avant d’attaquer le morceau sur la règlementation et l’usage des pesticides, faisons le point sur la situation et les décisions récemment prises. La France est l’utilisateur n° 1 de pesticides en Europe (numéro 3 mondial après les USA et le Japon) avec 77 300 tonnes en 2007. Dans les fruits et légumes, le chiffre des pesticides pulvérisés est ahurissant : plus de 300 ! Bien-sûr tous ne sont pas nocifs mais certains le sont et sont utilisés. C’est le cas des pesticides suivants : procynidone, méthomyl, bifenthrine, lambda-cyhalothrine etc., qui provoquent des cancers, au mieux sont toxiques voire néfaste sur les hormones. D’ailleurs, la Commission européenne vient de décider d’interdire 22 pesticides considérés comme dangereux pour la santé publique (pas seulement les consommateurs, les familles d’agriculteurs aussi). Le problème est que cette interdiction ne sera effective cette année que pour deux d’entre eux, les autres ne seront interdits qu’en 2018... date d’expiration des autorisations !
Les pesticides peuvent aussi être dangereux non pas en soi mais pour dépassement de leurs doses ou des limites maximales de leurs résidus (LMR). En France, ces LMR étaient plutôt basses et donc souvent dépassées, jusqu’au 1er septembre 2008, date à laquelle la Commission européenne a décidé de les aligner sur les pays aux plus hautes limites (voir chapitre suivant). Enfin, la réglementation sur les pesticides, leurs utilisations ainsi que celle des pulvérisateurs et les mauvaises pratiques (par exemple la destruction des chardons par procédé chimique alors que le procédé mécanique est plus sain et efficace, le non- respect des distance à proximité des cours d’eau et des ruches etc.) notamment de la part des jardiniers amateurs qui utilisent des pesticides agricoles pour traiter leurs cultures (voir notre article page 15) gagnent à une plus d’information et de sensibilisation « grand public » comme vient de le proposer la Commission européenne dans un texte adopté le 13 janvier 2009. Voyons donc tout cela à la loupe. Les limites maximales de résidus
Le 1er septembre 2008 est entrée en vigueur un règlement européen n° 839/2008 relatifs aux limites maximales de résidus (LMR) de pesticides pouvant être présents dans ou sur les fruits et légumes. Ce nouveau règlement les LMR de tous les pays membres de l’Union européenne en remplacement d’un règlement datant de 2005 qui privilégiait des LMR par états membres.
Cette « harmonisation » consiste à aligner tous les pays européens sur les LMR aux taux les plus élevés et non les plus bas. Prenons quelques exemples pour comprendre : le fénoxycarbe est un insecticide diffusé sur les agrumes. En France, la LMR était de 0,05 mg par kilo jusqu’au 1er septembre 2008. A cette date, du fait de l’alignement sur la plus forte LMR en Europe, elle est passée à 2 mg/kg !
L’abricot est traité au cyprodinil dont la LMR passe de 0,5 mg/kg à 2 mg/kg ; idem pour le raisin dont la LMR de tébuconazole passe de 0,5 à 2 mg/kg, etc.
Précisons également que la LMR la plus basse ne signifie pas toujours qu’elle est alignée sur le seuil de toxicité. Prenons quelques exemples pour la France (sources EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments) :
Le mode d’emploiLa Commission européenne propose aux Etats membres une information-sensibilisation « grand public » sur l’utilisation des pesticides. Effectivement, il existe « un mode d’emploi » des pesticides que nous rappelons. Il s’agit d’un arrêté du ministère de l’Agriculture du 12 septembre 2006 remplaçant l’arrêté alors en vigueur depuis 1975 ! Cet arrêté s’adresse à tous les utilisateurs y compris les jardiniers amateurs. S’il était appliqué correctement ce serait déjà un progrès. Voici ce que dit cet arrêté : → toutes les précautions, sous peine de sanctions, doivent être prises par les utilisateurs pour éviter l’entraînement des produits vers les habitations, parcs et jardins, les bâtiments et parcs d’élevage, les points d’eau consommable pour l’homme et les animaux ainsi que le périmètre de protection des captages, les cultures et lieux qui ne doivent pas, au même moment, être traités avec le produit utilisé, les bassins de pisciculture, conchyliculture, aquaculture, rizières et marais-salants, le littoral maritime, cours d’eau, canaux de navigation, d’irrigation et de drainage, lacs et étangs d’eau douce ou saumâtre, fossés d’assainissement, les ruches et ruchers déclarés (interdiction de traiter en période de pollinisation), les parcs d’élevage de gibier, réserves de chasse, les parcs nationaux et réserves naturelles, toutes propriétés appartenant à des tiers ; → respect d’un délai minimal de trois jours entre le traitement et la récolte pour la santé des consommateurs ; → respect d’un délai minimal de 6 à 48 heures entre le traitement par pulvérisation ou poudrage sur végétation en place et l’accès à la parcelle traitée (8 à 48 heures dans les serres et tunnels, 24 heures pour les produits irritants pour les yeux), afin de préserver la santé des personnes ayant accès à la parcelle (agriculteurs, salariés agricoles etc.) ; → ne pas traiter dans une zone minimale de cinq (5) mètres en bordure des points d’eau et des cours d’eau y compris des fossés pour éviter toute pollution. Enfin l’article 160 du règlement type sanitaire départemental précise que les produits antiparasitaires à usage agricole doivent être épandus conformément à la réglementation et respectant les indications et les précautions d’emploi portées sur l’emballage et la notice ; → ne pas traiter, ni vidanger, ni rincer pendant les périodes de gel ou de fort enneigement et sur les terrains en forte pente, très perméables ou présentant des fentes de retrait. → attention au vent, les pesticides ne peuvent être utilisés en pulvérisation ou en poudrage que si le vent a un degré d’intensité inférieur ou égal à 3 sur l’échelle de Beaufort ; → l’épandage des fonds de cuve des pulvérisateurs est autorisé à deux conditions : le fond de cuve doit être dilué dans cinq fois son volume d’eau ; l’épandage de ce fond de cuve dilué doit être réalisé, jusqu’au désamorçage du pulvérisateur, sur la parcelle ou la zone venant d’être traitée, sous réserve que la dose totale appliquée ne dépasse la dose maximale autorisée. → enfin, depuis le 1er janvier 2009, tous les pulvérisateurs de plus de 5 ans devront être contrôlés par un organisme d’inspection agréé (décret n° 2008-1254 du 1er décembre 2008 - article L256-2 du code rural). Les distances, il faut les respecter
Lorsqu’ils sont réalisés avec des pulvérisateurs à moteur de plus de 20 chevaux ou à jet porté ou par des poudreuses à moteur, les traitements phytosanitaires doivent respecter les distances précisées sur l’étiquette des produits. Ces largeurs selon le produit utilisé et la zone concernée varient de 5, 20, 50 voire 100 mètres, considérant que préfet peut imposer des largeurs supérieures à ces largeurs minimales. Il peut aussi restreindre ou interdire l’utilisation des pesticides dans son département en cas de risque justifié. Il convient donc de se renseigner en mairie ou à la DDAF.
Rappelons que depuis le 1er janvier 2009, les pulvérisateurs de plus de 5 ans doivent subir un contrôle technique.
Quelques exemples :
Avis aux jardiniers amateurs![]() La réglementation indiquée dans ce dossier concerne les jardiniers amateurs sur les points suivants :
par Daniel Roucous
droucous@laterre.fr
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