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Reportage :
Mazayes, 715 âmes, 82 élèves
Puy-de-Dôme. Située dans la chaîne des volcans, à une vingtaine de minutes de la capitale auvergnate, Mazayes est un petit village en pleine expansion. Grâce à cette situation, il a pu conserver et même agrandir son école, qui compte aujourd’hui quatre classes. Reportage.
Jeudi 30 août. Perdu au milieu des volcans endormis du Puy-de-Dôme, à une trentaine de kilomètres de Clermont-Ferrand, le village de Mazayes subit les foudres de la météo, entre orage, grêle et pluie. Nichée dans un écrin de verdure, à mi-chemin du haut et du bas Mazayes, l’école semble dormir. Mais pas tout à fait. Entre ses murs règne une ambiance studieuse. Directeur de l’établissement, Etienne Anquetil prépare la rentrée scolaire. Sans angoisse. « Je n’ai pas d’inquiétude. L’équipe enseignante n’a pas changé et nous n’avons pas de menace de fermeture de classe », explique-t-il. La petite école de quatre classes a pourtant bien failli en perdre une, en janvier dernier. Question d’effectifs. « Il y a deux ans, les prévisions pour la rentrée faisaient état de 90 élèves. Or en janvier, on n’en comptait plus que 72. Il faut dire qu’avant, nous accueillions les enfants de la commune d’à côté qui, depuis, a ouvert une école. De plus, l’inspecteur ne veut plus compter les enfants de deux ans. Donc parmi les écoles à quatre classes, nous étions celle où il y avait le moins d’élèves », relate le directeur. Soucieux de conserver son école, le maire est monté au créneau, arguant que 15 permis de construire étaient prévus et que la tendance n’était pas à la baisse. « Finalement, nous avons conservé tous les postes », se félicite Etienne Anquetil. Des conditions de travail idéales Pour cette rentrée 2007, la petite école doit accueillir 82 élèves, de la maternelle au CM2. Comme toute école rurale qui se respecte, l’école de Mazayes n’affiche que des classes à plusieurs niveaux : un cours moyen (CM1, CM2), un cours élémentaire (CE1, CE2), une classe maternelle. Seule exception à la règle : un cours préparatoire (CP) à... 14 élèves. « Un gros effectif », précise d’emblée Etienne Anquetil, rappelant que la moyenne tourne plutôt autour de 10 élèves. Mais que les enseignants qui se retrouvent avec un CP à 28 se rassurent. Dans le cas présent, la classe maternelle et le CP travaillent énormément en décloisonnant, « afin de privilégier les apprentissages », indique l’enseignant. Aujourd’hui, l’équipe enseignante de Mazayes peut se targuer de travailler dans de bonnes conditions : l’école est neuve et les effectifs par classe sont à taille humaine (20 en CE et CM, 14 en CP et 28 en maternelle). Mais cette situation est très récente. A une époque, l’école a d’ailleurs failli fermer ses portes, faute d’élèves en nombre suffisant. C’était en 1965. Dans le même temps, l’école du village de Coheix subissant la même érosion de ses effectifs, la municipalité de Mazayes a décidé de créer un RPI (regroupement pédagogique intercommunal) de deux classes sur les deux communes, décision assortie d’un transport scolaire gratuit. Les campagnes se repeuplant peu à peu, une troisième classe a vu le jour dans les années quatre-vingt et une quatrième en 2004. « Mazayes est longtemps resté en deçà de 600 habitants, mais aujourd’hui le village compte 715 habitants », précise Etienne Anquetil. Et d’expliquer : « Avec les problèmes fonciers de l’agglomération clermontoise, les gens viennent s’installer ici. » Cet afflux de population a contribué en partie à la construction d’une école neuve. « Quand je suis devenu directeur en 1992, nous n’avions pas de salle de motricité ; les enfants étaient obligés de prendre le car pour aller à la cantine. A cela s’ajoutaient des problèmes d’isolation », se rappelle Etienne Anquetil. Mais ces nouvelles populations sont aussi arrivées avec de nouvelles exigences, notamment en terme de périscolaire. « Avant, c’était les grands-mères qui venaient chercher les enfants à l’école. La municipalité a dû mettre en place une garderie périscolaire, qui accueille les enfants de 7h30 à 18h30. » Inquiétudes vis-à-vis de l’autonomie des petites écoles Egalement président de la Fédération nationale pour l’école rurale (FNPER), Etienne Anquetil n’est pas aussi optimiste quand il évoque la situation de l’école rurale à l’échelle nationale. « On pensait que le projet Darcos de mise en réseau des écoles rurales, contre lequel on s‘était battu, étaient enterré. Et bien non, il y a maintenant les Epep*, projet pour lequel nous n’avons été consulté à aucun moment », s’inquiète l’enseignant. Lui redoute que les petites écoles, qui ne seront pas forcément représentées au sein du conseil d’administration et n’auront pas droit de parole, soient donc fermées car jugées par rentable. « Ce projet va à l’encontre de ce que l’on demande : davantage d’autonomie et de souplesse vis à vis de l’administration », insiste le président de la FNPER. Et de poursuivre : « Si en plus, la carte scolaire est totalement ouverte, les parents choisiront les écoles pas forcément selon un critère géographique mais pourquoi pas pédagogique ou financier. Et une fois encore, les petites structures seront pénalisées par leur manque de moyens. Sur un même territoire, on va créer une inégalité scolaire. » Quant aux suppressions de postes annoncées dans l’enseignement, Etienne Anquetil insiste sur la priorité qu’est l’accueil des maternelles. L’idée étant de « pouvoir accueillir tous ceux qui le souhaitent ». Loin d’être un « mouroir pédagogique », l’école rurale a l’avantage d’être un laboratoire d’idées, proche de l’usager. Comme aime à le répéter Etienne Anquetil, « c’est une école à échelle enfant ». par Alexandra Chaignon
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