|
Var :
E.A.U, une association pour la gestion publique de l’eau
Rassemblant élus, usagers et associations, ce collectif veut promouvoir la gestion publique de l’eau auprès des élus. A sa tête, le maire de Varages, petit village du Var devenu un symbole après avoir récupéré la gérance de son eau en 2002.
![]() FOTOLIA
Aider les élus à rester ou revenir en régie publique de l’eau : c’est le but de l’association E.A.U. (Elus, Associations, Usagers) créée le 13 février dernier. Elle réunit des figures françaises de la gestion publique de l’eau, de Patrick Braouezec à Henri Emmanuelli, en passant par le président de la régie des eaux de Grenoble ou Paul Raoult, président d’un syndicat de 504 villes où l’eau est gérée en régie (1). A la tête de cette équipe de députés et autres conseillers régionaux, il y a... le maire d’un village de 1 000 âmes dans le Var, Michel Partage. L’association s’est donné pour première mission de rassembler les expériences fructueuses. Dans cet esprit, un « quatre pages » regroupant des témoignages d’élus est en préparation pour mai, suivi d’un guide complet avant la fin de l’année. « Le plus dur, c’est le côté psychologique, explique Michel Partage, président d’E.A.U. Les sociétés privées persuadent les élus qu’ils ne peuvent pas gérer l’eau, que ce service public n’est plus leur rôle. » Un maire de village devenu militant« Quelle que soit la taille de la ville, la gestion publique de l’eau est uniquement une question de politique », ajoute-t-il. L’association E.A.U. s’adresse donc aussi bien aux petites communes qu’aux grandes agglomérations. Et de poursuivre : « Les salariés du privé ne sont pas des robots de Mars. Pourquoi gèreraient-ils mieux l’eau que des employés municipaux ? » Depuis que sa mairie a récupéré la gestion de l’eau en 2002, Varages est devenu un symbole de la gérance publique de l’eau. Et son maire est devenu militant. Après avoir lancé fin 2005 l’appel de Varages avec Danielle Mitterrand et sa fondation France Libertés, l’élu méridional a témoigné de son expérience au forum mondial de l’eau à Mexico puis au Forum social mondial de Nairobi. Il aurait même été approché par un député bolivien qui souhaite présenter sa démarche à Evo Morales. L’histoire commence en 2001, lorsque Michel Partage se présente pour la première fois aux municipales. Le thème principal de la campagne : l’eau, gérée depuis 1990 en délégation de service public (DSP) par la Seerc, filiale de la Lyonnaise des eaux. Michel Partage reprochait à cette société une dégradation du service public. Passer progressivement à la régieAvec ses 14 colistiers, Michel Partage se retrouve pour la première fois à la tête d’une municipalité. En 2002, le contrat avec la Seerc s’achève et la mairie reprend progressivement l’eau en régie. Pendant une année, elle confie la chloration et l’assainissement à un prestataire de services, prenant en charge la facturation et la réparation des petites fuites. Deux ans plus tard, la totalité de la gestion est en régie. « On s’attendait à tout moment à ce qu’on découvre quelque chose que l’on n’ait pas calculé », se souvient Michel Partage. Aujourd’hui, la mairie revendique un prix de l’eau inchangé depuis le départ de la Lyonnaise des eaux. Avec 2,43 euros le mètre cube, Varages serait la huitième commune la moins chère du département. Un succès contesté par la Lyonnaise des eaux, qui estime que le prix de l’eau a augmenté de 32 % depuis son départ. (1) Le Siden (Syndicat intercommunal de l’eau du Nord). Pour plus d’informations, lire aussi : par Yannick Groult
|
||||||||||||||||||||||||||