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Biocarburants :
La betterave et l’argent de la betterave
Les agriculteurs auront-ils leur part du gâteau des biocarburants ? En manifestant le 2 octobre devant le siège de Saint Louis Sucre, cent cinquante betteraviers ont déjà répondu par la négative. Pour la récolte en cours, l’industriel a fixé unilatéralement le prix de la betterave à 19 euros la tonne. Un prix pour lequel « il est plus intéressant de cultiver une céréale que des betteraves éthanol » selon le président de l’association France Betteraves. « Le marché mondial de l’éthanol permet de garantir au producteur un prix minimum de 22 euros la tonne », estime la Confédération générale des planteurs de betterave (CGB). Or sur les six sites industriels qui produiront le bioéthanol français, un seul, géré par Cristanol (groupe Cristal Union), garantit ce prix. Faute de visibilité sur ce marché naissant, les industriels ne peuvent s’engager que sur des tarifs a minima. Ainsi le groupe coopératif Tereos, numéro 2 européen du sucre, a promis à ses producteurs « un prix prévisionnel de 18 euros par tonne à confirmer au 31 mars 2007 ». Un acompte qui sera complété en fin de campagne « en fonction de la performance de l’outil industriel ».
Les betteraviers sont néanmoins sûrs d’une chose : ils participeront financièrement à la mise en place de l’outil industriel. Pour avoir le droit de produire, les adhérents de Tereos doivent souscrire une nouvelle part de capital à hauteur de 20 euros par tonne de betterave livrée. Même principe chez Cristanol, où le montant des parts sociales a été fixé à 40 euros par tonne. Chez Tereos on se félicite de la solidarité des agriculteurs avec « 150 % de demandes en plus par rapport au potentiel nécessaire ». Les industriels s’embarrasseront-ils des mêmes scrupules lorsque, pour rentabiliser l’outil, il faudra se fournir en éthanol au Brésil ? Au final, les producteurs risquent bien de supporter seuls le risque de la filière, laissant les distributeurs encaisser la défiscalisation allouée par l’Etat. Heureusement, pas de souci à se faire : Alain Commissaire, directeur général de Cristal Union, ne « voit pas pourquoi on n’aurait pas confiance dans cette filière bioéthanol. »
par Y.G.
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